Le fiancé de la lune de Eric GENETET

Publié le par Ameleia

                                    Chanson d'amour,  tam...tamtadam... tamdam...

                                                              Arno, le narrateur, la quarantaine nomade, solitaire et butineur, est un « singe », comme il aime à se décrire. Et comme les coups de foudre n'arrivent qu'aux singes, il tombe fou amoureux d'une jeune chanteuse de jazz, Giannina. Tout est dit. Après la rencontre, l'amour fou sur du Billie Holiday, des MP3 pleins de Brel au bord de la Seine, Wong Kar Wai, les week-ends dans un nid de province ; tout le romantisme parisien et ses clichés bobo s'exposent, s'énumèrent même.  Voilà le scénario achevé avant d'être écrit : la rencontre, l'amour, l'enfant, l'amour avec l'enfant, les premiers mal-entendus, un coup de théâtre, puis la fin...
     Si c'est un roman c'est un mauvais roman bien sûr, mais si c'est une  chanson, c'est une vraie chanson par tout ce qu'on attend d'elle : le refrain attendu, la rime devinée, cette jouissance naïve de la répétition, l'entrain irrésistible du par coeur.  Ce roman est comme une chanson populaire, plus elle ne dit rien, plus elle dit tout, plus c'est standard, plus c'est déchirant. Surtout, il procure cette espèce de  jouissance gnangnan et inavouable qu'on se donne à soi-même, quand on écoute un refrain populaire et qu'on se tient tressautant et solitaire entre le sublime et le hochet... Il n'y a rien de plus excitant que de lire une histoire d'amour qui finit mal,  de se projeter dans la rencontre, de s'engouffrer dans l'érotisme des autres, et forcément de se déchirer dans la rupture.
A lire, seul(e) et en cachette...

@ameleia

Eric Genetet, Le fiancé de la lune, Editions Héloïse d'Ormesson, 2008, 123 pages.
Article paru dans LE MAGAZINE DES LIVRES n°13

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